à Mesdames et Messieurs les délégués
des pays de l’OCDE pour la COP 21
Nantes, le 27 novembre 2015
L’aéroport
de Notre Dame des Landes, c’est…
L’aéroport de Notre Dame des Landes ce n’est pas une
affaire d’État de droit.
L’aéroport de Notre Dame des Landes, ce n’est pas, d’abord,
un débat sur l’écologie.
L’aéroport de Notre Dame des Landes, ce n’est pas
l’indignation que suscitent quelques zadistes auprès de quelques
bourgeois indignés.
L’aéroport de Notre Dame des Landes c’est l’absurdité d’un
éléphant blanc qui viendrait s’ajouter à d’autres aventures
politico-administratives, celles de Ciudad Real, fermé au bout de
trois ans, celle de Montréal-Mirabel, abandonné au bout de 22 ans
et qui a coûté si cher au Québec. C’est l’ignorance de la loi du
marché : un aéroport ne crée pas le trafic.
L’aéroport de Notre Dame des Landes, c’est l’entêtement de
politiciens, protégés par une administration à leurs ordres, qui
se garde de déplaire et de les éclairer de façon objective, tout
en se refusant à tout arbitrage indépendant.
L’aéroport de Notre Dame des Landes, c’est le résultat
d’une culture du politiquement correct où l’on escamote le vrai
débat et où la consanguinité entre mondes politique, administratif
et grandes entreprises est stérilisant.
L’aéroport de Notre Dame des Landes, c’est le projet de
couler du ciment sur 1200 ha de zones humides pour traiter
peut-être le dixième du trafic de Londres Heathrow (7 millions de
passagers au lieu de 70), aéroport qui occupe la même surface.
L’aéroport de Notre Dame des Landes, c’est un préfet qui,
sur la base des mêmes arguments que ceux utilisés par les
opposants à NDDL, a condamné le projet de transfert de l’aéroport
de Toulouse où le seuil de piste est à 5 km du Capitole, projet
poussé par la Droite, et qui, nommé à Nantes par la Gauche, menace
avec un langage martial ces mêmes opposants.
L’aéroport de Notre Dame des Landes, c’est un sénateur de
Vendée qui verra tout le tissu de PME du Sud-Loire isolé du nouvel
aéroport par la saturation des ponts du périphérique mais qui
prépare les élections régionales et qui a besoin de ses alliés
nantais. Il vilipende donc, avec ces alliés démagogues, la Gauche
pour son indécision et affirme qu’eux, iraient de l’avant.
L’aéroport de Notre Dame des Landes, c’est une basse
démagogie. Elle consiste à flatter, sans aucune justification
économique, les électeurs qui disent, ignorant tout du sujet : « Pourquoi l’Ouest n’aurait-il pas son
grand aéroport ? ».
L’aéroport de Notre Dame des Landes c’est un mensonge sur
le prix. Le montant affiché par Vinci dans sa présentation de 2012
est de 450 millions. Mais c’est pour une capacité de 4 millions de
passagers, d’ores et déjà atteinte, avec des impasses sur les
pistes, les passerelles d’embarquement, etc. Le vrai prix avec
redimensionnement du projet, routes, tram-train, nouveau pont sur
la Loire, sera de plusieurs milliards.
L’aéroport de Notre Dame des Landes, ce sont des mensonges
sur Nantes Atlantique, un aéroport à une piste mais bien moins
critique que d’autres au trafic triple ou quadruple (Genève, San
Diego, Lisbonne,…), de quatrième catégorie en Europe, et qui peut
être optimisé et modernisé, facilement et progressivement, pour
100 ou 200 millions d’euros, dans ses limites actuelles, là où
l’administration prétend qu’il faudrait quelque 900 millions avec
des extensions foncières totalement injustifiées.
L’aéroport de Notre Dame des Landes, c’est, depuis 15 ans,
l’obsolescence programmée de Nantes Atlantique, car il ne faut
surtout pas donner l’impression aux Nantais que l’on pourrait
améliorer les installations ou les procédures et diminuer le bruit
considérablement, en tirant tout le profit de la modernisation
rapide des avions qui y décollent ou y atterrissent. A Londres ou
à Paris, le bruit diminue constamment : huit fois moins
d’habitants concernés par un niveau de bruit donné, en trente ans,
à Londres-Heathrow, d’après les calculs officiels…. britanniques.
Notre Dame des Landes, c’est la honte de relancer un grand
projet inutile des années 60 alors que l’on reçoit le monde à
Paris pour discuter climat dans le cadre de la COP21 et que l’on
attend depuis 40 ans une liaison ferroviaire décente avec
Roissy-CDG.
OUI aux grands projets, utiles, favorisant la
compétitivité, respectant le contribuable, justifiés par de réels
enjeux et de vrais débats. NON aux entêtements politiques qui
n’ont pour objet que de sauver la face ou qui relèvent de calculs
bassement démagogiques.
Si ce n’était pas si grave, cela pourrait presque être
amusant:
- De voir ce que coûteraient vraiment ces pistes à construire sur des zones argileuses ;
- de voir une aérogare tape à l’œil et vide, là où Bordeaux ou Marseille ont construit des installations frugales et économiques pour les low-cost qui représentent l’essentiel du trafic en province ;
- de voir tous les passagers du Sud Loire pester pour franchir les ponts dans le sens le plus saturé, matin et soir ;
- de compter le nombre de jours de brouillards sur ce plateau humide, avec des avions régionaux, low-cost ou charters qu’il est trop cher d’équiper pour l’atterrissage sans visibilité ;
- de constater que les passagers d’Angers, Le Mans, Rennes ou La Roche, que l’on aura taxés pour financer Notre Dame des Landes, iront en TGV à Paris où ils trouveront une offre aérienne dix à vingt fois supérieure.
Dommage pour les oiseaux, dommage pour ces zones du lac de
Grandlieu et autres, aujourd’hui naturellement protégées par le
plan d’exposition au bruit, qui seront progressivement rognées et
souillées par les appétits immobiliers que certains lobbies
cachent si mal.
|
Jacques
Bankir
ex PDG de Régional, Nantes
Thierry
Masson
Pilote de ligne - Collectif de pilotes
Jean-Marie
Ravier
Ingénieur, chef d’entreprise - Nantes
Françoise
Verchère
Co-présidente du CéDpa (Collectif d’élu-e-s Doutant de la pertinence du projet d’aéroport)
Philippe
Trotté
Vice président du CéDpa |
Dominique
Fresneau
Co-président de l’ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport)
Anne-Marie
Chabod
Co-présidente de l’ACIPA
Christian
Grisollet
Co-président de l’ACIPA
Sylvain
Fresneau
Président de l’ADECA (Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport) |
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